Pour son cycle #03, Sur-Mesure a invité ses contributeurs et ses lecteurs à cartographier leurs territoires habités : ceux vécus au quotidien et ceux qu'ils désirent. Du pied de l'immeuble au grand territoire.

Élaboration de la méthodologie, création des supports et des outils, animation et restitution de l’atelier dans l'édition papier. Déclinaison du concept pour les Puces Typos #08.

Plusieurs éditions ont été organisées : 
Le 21 avril au DOC! à Paris
Le 21 juin au centre d'art du Parc Saint-Léger de Pougues-les-Eaux
Le 30 juin au 6B à Saint-Denis pour la fête du Gros Paris
Le 6 octobre aux Grands Voisins à Paris
Le 17 novembre à Stereolux à Nantes en collaboration avec le designer Louis Eveillard et le cartographe Quentin Lefèvre

La méthodologie a également été présentée le 13 novembre à l’école d’architecture de la Villette dans le cadre d’un cycle de conférences sur l’identité des territoires organisé par les élèves.
© Paul Magnan
Préambule

“Habiter”, ce mot d’apparence simple recouvre en fait un large spectre de dimensions et d’activités. Il exprime le rapport entre l’individu et son territoire vécu. Pour illustrer et dégager les épaisseurs de ce fait urbain complexe, nous avons au point un outil de cartographie subjective, expérimenté au cours d’une série de workshops.

En guise de fil conducteur de la réflexion autour de cet outil, une question de fond et de forme : comment conceptualiser nos territoires habités, ceux que nous pratiquons au quotidien, mais aussi les désirs que nous projetons sur eux ? Quelles en sont les dimensions, les échelles et les temporalités ? De quelles manières les représenter ?

Figurer l’intangible pour mieux s’en emparer, tel est le défi que nous nous sommes lancés !

Le principe d’un atelier de cartographie subjective s’est naturellement imposé pour y répondre. Habituellement utiles pour nous repérer dans l’espace, identifier le tracé des grandes infrastructures, les densités des agglomérations et leurs limites, les représentations carto-géographiques des territoires donnent des villes une image cartésienne, où les notions de distance et de lieu constituent des repères reconnus comme objectifs.  Cette représentation normée des territoires a constitué une première base à dépasser pour exprimer nos manières et nos désirs d’habiter avec cohérence et sensibilité. Du quartier familier jusqu’aux limites des grandes agglomérations.
Processus

La conception d’un outil de cartographie subjective nécessite de poser quelques questions préalables de manière à en définir le cadre :

> Délimiter les contours de la notion centrale : que signifie selon nous “habiter” et comment habitons-nous un lieu?
> Définir ses contenus* : quelles sont les dimensions - pratiques, esthétiques, affectives - associées à ce mode d’être et d’agir ? 
> Concevoir ses modes de représentation : comment représenter et les perceptions subjectives de nos environnements quotidiens habités ? Comment créer du commun à partir d’une diversité de situations ?
> Déterminer une règle du jeu et un déroulement : de la représentation personnelle de nos territoires vécus, comment traduire nos désirs d’habiter un grand territoire ?

Postulat de départ : 

Habiter = (usages + flux + repères + sentiments) x (échelle / distance + temporalité)

(Usages = se loger + travailler / avoir une activité principale + consommer (alimentaire / autre) + se divertir + se cultiver + se dépenser  
+
Flux = trajectoire x moyen de transport x régularité 
+
Repères = marqueurs spatiaux / architecturaux / urbains
+
Sentiments = ressentis (positif / négatif) + imaginaire + vécu
x
(Echelle / distance = (logement / quartier / ville) / (Xm)
+
Temporalité = X minutes de trajet
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Habiter
Déroulé de l’atelier et méthodologie

L’atelier se divise en deux parties : deux temps de travail sur deux cartographies distinctes. 

Elles font l’objet d’une restitution orale donnant lieu à des échanges entre les participants. 

Elles se décomposent en plusieurs étapes rapides et chronométrées pour encourager les participants à se concentrer sur l’essentiel.

L’exercice est contraint par l’utilisation systématique et quasi-exclusive de tampons, suivant une bibliothèque de formes et de couleurs réduite. Cette méthode de création sous contrainte permet, là encore, d’encourager la spontanéité, de produire un rendu graphique homogène, et place tous les participants au même niveau technique.

Les tampons peuvent être utilisés de plusieurs manières pour exprimer des nuances : intensité, foisonnement, trajectoire, répétition, forme urbaine spécifique, vitesse, zone… Ces variantes sont suggérées dans la règle du jeu.

L’atelier ne consiste pas à rechercher l’exactitude géographique mais bien une représentation mentale du territoire. 

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